Category Archive: Français

La RATP se met à la philo

Si chacun fait ses propres règles, tout se dérègle

Seen in Paris on 18 December 2010. Photo taken in front of Comédie française.

In an effort to promote civic-spiritedness, has the Paris transit authority lashed out against individual liberties?

Réussir son CV

Après avoir participé pendant des années aux jurys d’admission et de recrutement, voici quatre conseils à l’attention de mes étudiants :

  1. Ne pas devenir un candidat professionnel ; le CV est un moyen, pas une fin. Tout CV peut être analysé, décortiqué, critiqué, perfectionné. Son objet est de présenter le candidat de manière succincte et de donner envie à son lecteur de l’interviewer (voire de lui faire une proposition). Le CV est un outil de sélection, de qualification. Chercher la perfection à travers un CV est un leurre et une perte de temps.
  2. Au lieu de présenter beaucoup d’informations, privilégier plutôt la bonne présentation de quelques informations. L’entrepreneur Guy Kawasaki préconise une règle 1/2/3 : une page, deux points clés (dont le lecteur devrait se souvenir pour se rappeler de vous), trois parties. Trop d’information tue l’information.
  3. L’ordre chronologique inverse. Ce que vous faîtes maintenant est autrement plus déterminant que votre situation d’il y a cinq ans.
  4. Ne fabulez pas, n’inventez pas. Vous vous sentez obligé d’inventer ou d’exagérer afin de vous aligner sur d’hypothétiques attentes ? Vous ne vous sentez pas à la hauteur du recruteur tel que vous êtes ? Pourquoi ? Si vous méritez d’être sélectionné (c’est-à-dire, invité pour passer un entretien), pourquoi mettre en péril votre crédibilité ? Si vous pensez ne pas être à la hauteur, pourquoi postuler ? En cas d’une sélection chanceuse, qu’est-ce qui vous permet d’espérer une réussite future ? Si vous estimez souffrir de lacunes, comment pensez-vous les combler ? Comment une lettre d’admission ou un offre d’emploi peut-elle vous apporter des qualités que vous estimez manquer ?

A shortage of French speakers

Given the fondness or chauvinism French speakers can have for their language, the news comes as a surprise: there is a shortage of interpreters capable of translating to French.

The shortage affects the Council of Europe, the European Union, and the United Nations.

In an effort to reverse this trend, the UN entered into an agreement this week with the two main translation schools in France, ESIT and ISIT. The UN’s aim is to have a steady stream of well-trained candidates for its recruitment exams.

These are the questions that puzzle me:

  • I’d think the foreign-language performance of native French speakers continues to improve: among 20-somethings, more French people are English-speaking or German-speaking or Spanish-speaking than among 40-somethings or 60-somethings. My anecdotal impression is that there are more of these people in France, and that their average performance level is climbing.
  • Preferences may be changing. Being an interpreter at an international organization may be thought less desirable today than it once was. Maybe other professional opportunities have developed that seem more desirable to those who would otherwise have become interpreters.
  • The path to becoming an interpreter at the UN, EU, or Council of Europe may be seen as overly burdensome. From remarks made by the UN, ISIT, and ESIT, preparation for the UN exam requires particular time and effort. Particularly if successful recruitment at an international organization is difficult for a candidate to ascertain, other professional opportunities may be preferable to candidates.

L’orgueil de la médiocrité ?

Un récent article paru dans Le Monde, "Les étudiants français toujours aussi nuls en anglais" me laisse perplexe et déçu.

Perplexe car l'article commente des données relatives au TOEFL (Test of English as a Foreign Language). Il s'agit d'un examen, parmi d'autres, proposé par ETS, société commerciale aux Etats-Unis spécialisée dans le testing (l'évaluation, surtout les examens standardisés). Les données sont regroupées dans un rapport.

A lire Le Monde, il y aurait un classement national, avec la France en mauvaise place. Il n'en est rien. Le rapport, Test and Score Data Summary for TOEFL Internet-based and Paper-based Tests :

  • permet une comparaison des scores obtenus selon les modalités de l'examen : par Internet ou sur suppoort papier ;
  • examine les notes obtenues selon l'usage prévu : étudiant en formation initiale, qualification professionnelle, etc. ;
  • regroupe des données statistiques selon le sexe ; et
  • regroupe des données statistiques selon sa langue maternelle parlée et son pays de résidence.

Il n'y a aucun classement national. Au contraire, ETS souligne l'absence de différences de capacité d'apprendre l'anglais parmi groupes linguistiques ou nationaux : "It is important to point out that the data do not permit the generalization that there are fundamental differences in the ability of the various national and language groups to learn English or in the level of English proficiency they can attain." Tout au plus, les données permettent de recadrer la note obtenue par un étudiant parmi d'autres de la même langue maternelle ou pays d'origine. Surtout, par ce rapport ETS cherche à communiquer sur son sérieux et sur la valeur de son test.

Comment expliquer pourquoi les autrichiens obtiennent (en moyenne) des notes plus élevées que les français ? Quelques pistes :

  • Le niveau d'études, les autrichiezns étant peut-être plus avancés que les français ;
  • Le degré de préparation : un autrichien moyen est peut-être mieux préparé à passer le test qu'un français moyen. Pour ce dernier, passer le test constitue peut-être la principale préparation. Rien n'interdit de passer le test plusieurs fois, et il n'a rien à voir avec un test de type Q.I. ;
  • Le degré de motivation : un français se satisfait peut-être d'une note moyenne, du minimum acceptable, tandis que l'autrichien vise l'excellence.

Enfin, je ne peux qu'être déçu à lire que les français seraient "nuls" en anglais, ou que cette "nullité" serait le fruit d'une allergie aux langues ou d'un système éducatif défectueux.

Sept questions à se poser à la fin d’un stage

  1. Quelles sont les compétences que j'ai développées ? Réponse à compléter par des illustrations précises.
  2. Quelle est la pierre que j'ai apportée, c'est-à-dire qu'est-ce que j'ai contribué à la société d'accueil ? Cette pierre porte-elle mes initiales, c''est-à-dire mon apport est-il identifiable ?
  3. Quelles sont les qualités que j'ai le plus appréciées auprès de mes collègues ?
  4. Quel a été le moment le plus difficile au cours de mon stage ? Pourquoi a-t-il été difficile ?
  5. Qu'est-ce que j'ai fait pour encourager la société d'accueil à prendre d'autres stagiaires, notamment issus de mon programme ?
  6. Qu'est-ce que j'aurais fait autrement si tout était à refaire ?
  7. A présent, qu'est-ce que j'aimerais faire ?