Un récent article paru dans Le Monde, "Les étudiants français toujours aussi nuls en anglais" me laisse perplexe et déçu.

Perplexe car l'article commente des données relatives au TOEFL (Test of English as a Foreign Language). Il s'agit d'un examen, parmi d'autres, proposé par ETS, société commerciale aux Etats-Unis spécialisée dans le testing (l'évaluation, surtout les examens standardisés). Les données sont regroupées dans un rapport.

A lire Le Monde, il y aurait un classement national, avec la France en mauvaise place. Il n'en est rien. Le rapport, Test and Score Data Summary for TOEFL Internet-based and Paper-based Tests :

  • permet une comparaison des scores obtenus selon les modalités de l'examen : par Internet ou sur suppoort papier ;
  • examine les notes obtenues selon l'usage prévu : étudiant en formation initiale, qualification professionnelle, etc. ;
  • regroupe des données statistiques selon le sexe ; et
  • regroupe des données statistiques selon sa langue maternelle parlée et son pays de résidence.

Il n'y a aucun classement national. Au contraire, ETS souligne l'absence de différences de capacité d'apprendre l'anglais parmi groupes linguistiques ou nationaux : "It is important to point out that the data do not permit the generalization that there are fundamental differences in the ability of the various national and language groups to learn English or in the level of English proficiency they can attain." Tout au plus, les données permettent de recadrer la note obtenue par un étudiant parmi d'autres de la même langue maternelle ou pays d'origine. Surtout, par ce rapport ETS cherche à communiquer sur son sérieux et sur la valeur de son test.

Comment expliquer pourquoi les autrichiens obtiennent (en moyenne) des notes plus élevées que les français ? Quelques pistes :

  • Le niveau d'études, les autrichiezns étant peut-être plus avancés que les français ;
  • Le degré de préparation : un autrichien moyen est peut-être mieux préparé à passer le test qu'un français moyen. Pour ce dernier, passer le test constitue peut-être la principale préparation. Rien n'interdit de passer le test plusieurs fois, et il n'a rien à voir avec un test de type Q.I. ;
  • Le degré de motivation : un français se satisfait peut-être d'une note moyenne, du minimum acceptable, tandis que l'autrichien vise l'excellence.

Enfin, je ne peux qu'être déçu à lire que les français seraient "nuls" en anglais, ou que cette "nullité" serait le fruit d'une allergie aux langues ou d'un système éducatif défectueux.