Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, l'essayiste Malcolm Gladwell connaît un succès phénoménal et une influence extraordinaire dans le monde anglophone. Ses livres –The Tipping Point, Blink, Outliers– se vendent par millions, et Gladwell connaît le célébrité tant au sein de conseils d'administration que sur les campus universitaires.

Il existe une méthode Gladwell, employée dans tous ses écrits. Gladwell mélange reportage factuel et vulgarisation scientifique. Son reportage met en lumière une personne ou un cas, le plus souvent observé de près ou suivi pendant un certain temps. Sa vulgarisation reprend diverses recherches, le plus souvent en sciences sociales. Sa génie consiste à entremêler ces deux fils. Un avertissement s'impose pour le lecteur français : Gladwell n'est pas cartésien, chez lui tout est anecdote.

Pour le connaître, le lecteur (anglophone) peut commencer par un article. Le dernier article de Gladwell, paru dans The New Yorker, a retenu mon attention et m'a fait plaisir, surtout parce qu'il est imparfait.

Gladwell aborde (au moins) trois questions : le détection, la sélection et l'analyse des performances. Pour ce faire, il suit un sélectionneur de joueurs de football américain. Et il passe du temps dans un laboratoire qui évalue l'efficacité d'enseignants. Enfin, il rend visite au centre de formation d'un courtier en bourse.

Je suis impatient de pouvoir discuter de cet article en petit groupe, car Gladwell lance beaucoup d'idées, donne beaucoup de pistes, sans que le résultat final donne entière satisfaction ; il m'a lissé sur ma faim.

Il y a cependant des perles. Par exemple : quelle est la valeur ajoutée, au regard de résultats au tests standardisés, d'un bon professeur ? Elle dépasse largement l'effet de petits effectifs, comme le développe l'article.